Cali, Medellin et la Zona Cafetera : entre Salsa, Cartel et Café

Mardi 28 Mars / Jour 169 : Quito > Ipiales – 8h de bus

Après l’Amazonie, l’aventure continue, et cette fois-ci, en Colombie. On l’attendait depuis longtemps puisque c’est pour beaucoup de voyageurs une destination coup de coeur en Amérique du Sud. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la Colombie a le vent en poupe en ce moment. Pour cause, elle a été élue 2ème meilleure destination 2017 par le Lonely Planet. Que nos mamans dorment l’esprit tranquille. Ce n’est plus la Colombie des guérilleros et des narcotrafiquants des années 90. Le récent accord de paix entre le gouvernement et les Farc marque peut-être le début d’un tourisme de masse. S’il est donc une crainte à avoir, c’est plutôt celle de croiser beaucoup trop de touristes. En tout cas, une chose est sûre, cela rappellera de bons souvenirs à Marc, lui qui l’avait déjà visitée deux ans auparavant.

Nous sommes tellement pressés de découvrir ce pays que nous oublions l’une des règles fondamentales du voyageur : celle de ne jamais franchir une frontière la nuit et encore moins celle de la Colombie. Notre séjour commence donc par cette erreur de notoriété universelle. Nous débarquons comme des fleurs sur les coups de 21h à la frontière d’Ipiales, la première ville colombienne qui nous sépare de l’Équateur. Nuit noire, pas un chat à la douane exceptés les douaniers et deux ou trois personnes pas nettes. Fort heureusement, il nous est rien arrivé. Une fois montés dans le taxi, le chauffeur nous explique qu’il doit prendre une autre route pour éviter celle-ci qui est trop dangereuse à cette heure-là car non éclairée et occupée par des colombiens qui s’affairent à on ne sait quelle activité sur le trottoir. Rassurant… Nous arrivons toutefois en toute sécurité dans le centre d’Ipiales qui nous baigne très rapidement dans l’univers de la série Narcos. Que l’aventure commence !

Mercredi 29 Mars / Jour 170 : Ipiales > Popayan – 8h de bus

Nous remontons vers Cali en faisant halte à mi-chemin dans la charmante petite ville blanche de Popayan. On y restera deux nuits et devinez en compagnie de qui ? Nos copains sudistes et bretons tous réunis ! Au programme : repos, lessive, balade dans les rues, pizza, jeux de cartes et mise à jour du blog. Vous l’aurez compris, c’est un stop safe et propice à la détente pour des backpackers de passage. Néanmoins, pour des voyageurs de courte durée, nous ne le conseillerions pas forcément. Il y a tellement d’incontournables en Colombie que vous avez tout intérêt à optimiser votre temps afin de pouvoir tous les faire, ce qui n’est déjà pas une mince affaire. Alors concentrons-nous sur la crème de la crème 🙂

Vendredi 31 Mars / Jour 172 : Popayan > Cali – 3h30 de bus

Sur notre route vers Cali, nous restons sans voix non pas à cause du paysage, bien qu’il soit très beau, mais parce qu’un tas d’ordures vient le gâcher. On se demande d’où viennent ces déchets mais nous obtenons très vite la réponse quand notre chauffeur jette sa bouteille en plastique et ses boîtes de nourriture vides à travers la fenêtre. On vous passe l’épisode du crachat. Cela nous choque et nous désole. Nous avions déjà vu ça au Pérou et en Bolivie malheureusement. Quel gâchis …

Alors Cali ? Es-tu un incontournable ? Si vous avez le temps, oui!!

Bon, nous n’y sommes restés qu’une nuit et n’avons contemplé qu’un seul quartier, mais quel quartier ! San Antonio est un barrio caractérisé par des petites maisons colorées, des cafés, boutiques et restaurants branchés, et une population mi-bobo, mi-hipster. Il se situe au pied d’une colline avec vue sur toute la ville où les locaux se retrouvent après le travail pour boire des bières, danser et passer du bon temps dans une ambiance très relax et festive en même temps. Certes, nous étions samedi soir. Mais Cali n’en reste pas moins la capitale de la salsa pour autant. Ici, on vit et on mange salsa. Il suffit de passer le pas de la porte de notre auberge pour le ressentir. Que cela provienne de la boutique d’en face, d’une voiture passante ou d’une des nombreuses écoles de salsa, on vit sur le rythme de la musique. Bon, par contre, soyons honnêtes. En soirée, les colombiens se déhanchent d’une manière endiablée si naturelle que l’on passe clairement pour des cotons-tiges géants à côté. En tout cas, sachez qu’il y a des cours de salsa disponibles à tous les coins de rue, pas chers, pour les gringos comme nous alors à mort les cotons tiges et foncez !

Samedi 1 Avril / Jour 173 : Cali > Salento – 5h de mini bus

Nous entrons maintenant dans la région du café ou la Zona Cafetera (la Colombie étant l’un des plus gros exportateurs de café au monde) avec une première halte incontournable dans le joli village de Salento. Pour le coup, même si vous n’avez pas le temps de le faire, débrouillez vous pour le glisser dans votre itinéraire. Ce village aux milles couleurs et aux milles saveurs ne peut que vous charmer. Quand le soleil se couche, que les lampadaires éclairent la rue principale et la place de l’église, que les passants flânent au milieu de tous ces petits cafés, restaurants et boutiques d’artisanat, on se croirait dans un village du sud de la France en été à condition de remplacer les camions à pizza par des barbecues d’arepas confectionnés avec amour par des mamas colombiennes. On y adore les façades et les balcons qui débordent de fleurs de toutes les couleurs, l’artisanat des sacs aux couleurs flashy, le café, la gentillesse des habitants, les montagnes verdoyantes qui l’encerclent et les hauts palmiers andins… Non vraiment, à ne rater sous aucun prétexte !

Dimanche 2 Avril / Jour 174 : Vallée de Cocora – 20 min en Jeep de la place principale de Salento

Marc se souvient encore d’une balade à cheval qu’il avait faite il y a deux ans dans cette vallée remplie de palmiers. Il voulait absolument y emmener Solene.

De la place de l’église, une Jeep Willis nous emmène jusqu’à destination de manière assez insolite : debout à l’arrière de la Jeep, nous jouons les soldats avec un gros sentiment de liberté. Bon ok, on a un peu flippé au début quand même. Il n’y a vraiment pas de règles dans ce pays.

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Une vingtaine de minutes plus tard, deux chevaux plus excités que jamais nous font découvrir les secrets de cette vallée. Et quel plaisir de gravir la colline et traverser des rivières au galop, euh…trot.

Une fois là-haut, s’en suit une heure et demie de marche pour arriver à ce point de vue incroyable.

C’est vert, vallonné et parsemé de palmiers géants, les plus hauts qui existent apparemment, pouvant atteindre 60 mètres. Splendide.

Lundi 3 Avril / Jour 175 : Salento – Medellin, 8h de mini bus direct

À la première heure, nous filons droit vers la deuxième ville la plus peuplée de Colombie, MEDELLIN. Elle est surnommée la ville de « l’éternel printemps » car la température varie entre 16 et 30 degrès toute l’année. Mais elle est aussi l’ancien berceau du célèbre narcotrafiquant Pablo Escobar. Saviez-vous que le nom de jeune fille de la maman de Marc est Escobar? Les habitants de Medellin n’ont qu’à bien se tenir, un descendant de la famille débarque…

Nous avons choisi malgré tout de passer les deux prochains jours dans le quartier le plus sûr et réputé, à savoir El Poblado. Alors là, nous sommes carrément dans le mini-Brooklyn de Medellin : restaurants de burgers tendances, street art, tatouage, bars à bières, cafés… tout y est pour se sentir bien et se balader en toute zen attitude.

Dès le lendemain matin, on file prendre le célèbre metrocable de Medellin pour survoler les célèbres favélas. Nous n’étions pas très fans à l’idée de sortir nos appareils photos mais nous avons finalement jugé intéressant d’immortaliser certaines scènes de vie vue d’en haut ou encore toutes ces couleurs qui donnent de la joie à ce lieu. Nous pensions découvrir un paysage plutôt noir, digne du désespoir et c’est en fait tout le contraire.

Bonnes adresses où manger à Medellin :

  • Monsieur Burger dans le quartier d’El Poblado : à la hauteur du Camion qui fume, c’est pour vous dire !
  • Mercado del Rio dans le quartier des affaires : un marché couvert à l’image de celui de Lisbonne ou du Mercado Roma de Mexico, qui réunit tous les meilleurs restaurants de la ville pour le plus grand bonheur de vos papilles.

Mercredi 5 Avril / Jour 177 : Medellin > Guatape & Pierra del Peñol – 2h de bus

Dans la famille des incontournables, je voudrais Guatape ! Ô Guatape, encore une claque en terme de couleurs. Guatape fait partie de ces nombreux villages colombiens qui vous en mettent plein la vue et vous renvoient une image fade de la France en retour. Le bonheur des colombiens ne viendrait-il pas de toutes ces couleurs ? Elles y contribuent fortement en tout cas, vu l’effet qu’elles ont sur nous. On a adoré s’y balader, écouter et regarder les colombiens parler (car Dieu sait qu’on les entend), rigoler et faire la fête sur la place principale.

Bonne adresse où manger à Guatape :

  • Pizzeria De Luigi : LA meilleure pizza du voyage et peut-être bien l’une des meilleures que l’on ait mangée dans notre vie.

Et comme si la petite ville ne se suffisait pas à elle-même, il fallait qu’elle soit à coté de l’une des attractions principales de la région : la Pierra del Peñol, ce rocher géant qui vous offre cette vue panoramique incroyable sur le lac de Peñol. Les 740 marches se font vite oublier une fois arrivés en haut. On passera une bonne heure à contempler la vue et à s’amuser en se projetant dans l’une de ces villas de rêve avec piscine au milieu du lac.

Flash Anecdote : N’importe quel voyageur pourra vous le dire, on rencontre beaucoup, beaucoup, beaucoup d’Israéliens en Amérique du sud, voire partout dans le monde. Après leurs six années de service militaire obligatoire, ils partent souvent voyager pour s’éclater, ce que l’on peut largement comprendre.

Sans vouloir faire de généralité – oh et puis si en fait – on les repère assez facilement car ils voyagent en groupe et parlent très très très fort. Nous avions eu affaire à un groupe assez désagréable lors de notre Inca Jungle Trail au Machu Picchu mais des c***, il y en a partout, alors nous n’avions pas relevé. Sauf que là, rebelote, nous tombons une nouvelle fois sur un groupe de c*** et tant mieux car il viendra nourrir le contenu de nos flash anecdotes 😀

Nous sommes en haut de la Pierra, assis sur une petite estrade en train de contempler la vue quand ils débarquent à trente. L’un des trois premiers arrivés, excité comme une puce et se prenant pour Brad Pitt, sort son appareil photo et demande à l’un de ses amis de le photographier exactement là où nous sommes. De ce fait, il nous demande, sur un ton extrêmement limite, de nous décaler. Bon, pénible, mais on le fait. Dix minutes plus tard, on entend une fille du groupe dire « move », Solène se retourne, la fille la regarde, Solène lui demande pardon et la fille lui répond, et nous n’exagérons pas : « can you move » en faisant le geste « dégagez » de ses mains. Choqués, nous lui rétorquons « you could at least say sorry », ce qui aura pour conséquence de créer un petit conflit entre le groupe et nous. Inutile de détailler la colère qu’on a pu avoir, vous l’imaginez certainement. Alors est-ce une question de culture ou d’éducation ou bien sommes-nous tomber deux fois sur des c***? On nous traite bien d’arrogants à l’étranger, nous les français. Allez, on va leur laisser une chance et voter pour la dernière option 🙂

De toute façon, on oublie tout quand on pense à notre prochaine destination qui n’est ni plus ni moins qu’une destination paradisiaque en plein coeur des Caraïbes à quelques kilomètres du Nicaragua : ça vous dit quelque chose ?

La suite au prochain épisode,

So & Marc


4 réflexions sur “Cali, Medellin et la Zona Cafetera : entre Salsa, Cartel et Café

  1. Encore des couleurs…en rentrant vous devriez vous lancer dans le relooking des façades des maisons françaises : c’est gai!!!
    Contente que vous soyez partis de Colombie…
    Au fait, vous n’avez pas essayé le parachute !!!!
    Bisous
    Maman

    Aimé par 1 personne

  2. 28.05.17.

    Hello les téméraires !!
    Je m’aperçois que j’ai un train de retard, celui pour la Colombie, vacances obligent !!
    Ce pays reste associé à la violence dans tous ses états, accord avec le FARC ou pas car des générations se sont nourries de ce « mauvais lait » et cet héritage ne s‘efface pas. Et même s’il se remet des années Escobar dont le fief a été la ville de Medellin, une de vos étapes, sa réputation est on ne peut plus sulfureuse. Est-ce cela qui attire les touristes ? « destination coup de coeur » dites-vous.
    D’ailleurs, le chauffeur de taxi ne manque pas de vous le rappeler. Heureusement, que l’on vous sait ailleurs et en pleine forme aujourd’hui.
    En tous cas, pour le street-art, une balade en metrocable et les bars à bières, j’arrive ventre à terre, en toute sécurité, maintenant que mon secret a été dévoilé, tellement tout ceci est attirant.
    Autrement, j’ai beaucoup aimé vos photos où la couleur vive domine. Associées ainsi, elles valent bien un photomontage de Picasso. L’effet esthétique est saisissant.
    Bizarrement, les maisons sont basses à Cali d’après ce que l’on en voit, et puis, un gratte-ciel vient perturber ce joli équilibre, et cette saine intimité des petites rues.
    Très bizarres aussi, les palmiers « grimpeurs » façon « allumettes ».
    Jolies balades bien colorées. Merci pour vos récits très vivants et ce flash-anecdote qui les clôturent m’a fait sourire. Je me suis projetée et j’avoue que je ne me serais pas bougée d’un mm.
    Bisous et à tout de suite, car pour moi c’est pratique, un saut de puce, et me voilà dans le pays voisin.
    Yrmum89

    Aimé par 1 personne

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