Tremblante AMAZONIE

Jeudi 23 Mars / Jour 164 : Chiclayo > Guayaquil > Quito – plus de 24h de bus

Nous n’avons pas fait long feu en Equateur car c’est un pays qui se prête essentiellement à des activités déjà bien pratiquées jusqu’alors : trekkings entre lacs et montagnes, surf et fiesta sur la côte ou encore sports extrêmes dans certaines villes. C’est donc avec un seul objectif en tête que nous nous arrêtons à Quito : découvrir l’AMAZONIE ! Rappelez-vous, nous n’avions pas pu y aller, que ce soit en Bolivie ou au Pérou, à cause des intempéries. L’Equateur était donc notre dernière chance.

Après des heures et des heures de bus, nous arrivons à Quito, une capitale assez jolie.

Sous les conseils de nos compagnons de route, cette fois-ci bretons, oui bretons… on ne choisit pas nos rencontres vous savez… nous passons par l’agence française Equateur Voyages Passion pour réserver une excursion de quatre jours dans la forêt amazonienne de la réserve de Cuyabeno.

Non, non, vous ne rêvez pas, nous sommes bien partis en Amazonie malgré la peur bien connue de Solène vis-à-vis des araignées ou des insectes en général. C’est vous dire si Marc en a bavé …

Vendredi 24 Mars / 1er Jour : Quito > Lago Agrio > Parc Cuyabeno

Que ce soit au Brésil, en Bolivie, au Pérou, en Colombie ou en Equateur, l’Amazonie est toujours très difficile d’accès. L’avantage avec l’Équateur, c’est que les distances sont plus courtes puisque c’est le plus petit pays des cinq. Et heureusement car les huit heures de route qui relie Quito à l’entrée du Parc sont très mouvementées. Mais que les plus réticents se rassurent, ce sont 2h de descente en pirogue sur le rio Cuyabeno qui vous attendent par la suite.

Appréhension, excitation, attention, émerveillement ; voilà nos ressentis sur la pirogue avant d’arriver au Jamu Lodge. Nous observons des singes juste au-dessus de nos têtes en moins de cinq minutes. Notre guide nous montre des singes-écureuils et des oiseaux-serpents, de quoi nous donner le sourire et oublier notre appréhension générale. Appréhension des araignées pour Solène et appréhension de la chambre pour Marc. Pourquoi? Parce qu’il sait pertinemment que ses nuits ou plutôt le bon déroulement général de son séjour va dépendre de l’état de cette dernière.

Ouf, le cadre est superbe. C’est propre, notre chambre est au deuxième étage et surtout, fermée. Bon, il y a quand même un espace d’un centimètre entre chaque latte de bois qui compose notre mur. « Je te dis qu’elles peuvent passer Marc ». Heureusement, il y a aussi des moustiquaires partout. Allez on positive, ça aurait pu être bien pire. D’autres excursions proposent de dormir en hamac ou dans des chambres ouvertes. Alors là c’est le grand luxe.

L’ascenseur émotionnel redescend quand nous tombons sur nos amis bretons qui nous posent la question suivante : « alors, vous avez vu la mygale ? » Whaaaat???

En effet, il y avait une mygale, certes en train de mourir mais sur le tronc d’arbre d’en face de leur chambre située juste en dessous de la notre. Okkk, le ton est donné !

Nous partons un peu avant la tombée de la nuit à la recherche des fameux dauphins roses d’Amazonie pour plus de douceur. Nous avons la chance de les voir mais de loin. Leur difformité et leur proximité feront pousser toute sorte de cris sur le bateau « Han », « ohhhhhh », « ah ah ah », « regarde! ».

Cette première journée se termine en beauté par une baignade dans la Laguna Grande avec les intenses couleurs du crépuscule. C’était bien sûr sans savoir que nous nous y baignions en compagnie de serpents et de caïmans… Même pas peur …

Samedi 25 Mars / 2ème Jour :

Le bilan de cette première nuit ? Écoutez, contre toute attente, très positif. Solène a DORMI. Marc n’en revient pas. Bon attention, nous sommes dans un lodge assez haut de gamme, donc faut pas pousser mamie dans les horties. Ça reste du luxe. Après, il fallait voir le rituel avant de se mettre au lit. Marc devait veiller à ce que la moustiquaire soit installée à la perfection pour ne rien laisser passer. Ensuite, il fallait obligatoirement se lancer un film (oui nous avons pris l’ordinateur et dieu merci) pour que Solène s’endorme d’épuisement devant sans avoir le temps de réfléchir à son environnement. Enfin, ça ne l’a pas empêchée de se réveiller dans la nuit et d’allumer sa lampe frontale 4 ou 5 fois pour jouer les inspecteurs ou encore de sursauter au moindre contact avec les pieds taille 45 de Marc.

Un petit-déjeuner de roi nous attend au réveil. Buffet à volonté avec différents types de céréales, moelleux au chocolat, œufs, saucisses, bacon, pain, bref le rêve.

Nous embarquons ensuite sur notre pirogue le ventre plein à la rencontre de la faune : paresseux, singes (dont des black montain monkey), anacondas (et apparemment nous sommes « chanceux » d’en voir), chauves-souris, rapaces, vautours, cormorans, oiseaux-serpents, black tigoo (grand lezard noir et jaune). Et le tout, en seulement deux heures ! On en croit pas nos yeux. Notre guide est un vrai sniper. Ok il fait ça depuis qu’il a quinze ans, mais il voit des animaux à plus de 200 m de distance. Chapeau bas ! Il nous apprend beaucoup de choses sur la faune et la flore comme notamment la symbiose qu’il peut y avoir entre deux espèces différentes. Ah oui Jamie? Oui, prenez les fourmis et les guêpes par exemple. Et bien, elles superposent leur nid pour se protéger mutuellement des prédateurs. Lorsque le danger se fait sentir, les guêpes enclenchent une marche très bruyante pour alerter les fourmis qui elles, sortent du nid par milliers pour faire barrage. Véridique ! Nous avons joué le rôle du prédateur en poussant un cri très fort et la marche des guêpes s’est enclenchée. Incroyable à voir.

Dans l’après-midi, nous rendons visite à la communauté locale des Tarapuy. Nous apprenons comment préparer le Casabe, un pain traditionnel de manioc, et ce de la cueillette à la dégustation. Un régal.

Nous avons ensuite l’honneur de rencontrer un chamane et de discuter avec lui. Il nous explique que son rôle est de diagnostiquer les membres de sa communauté en suivant un rituel que Marc aura la chance d’expérimenter. On ne vous en dit pas plus, vous verrez les images dans notre prochaine vidéo. Hey Jamie, saviez-vous que le chamane ne diagnostique jamais une femme en période de menstruation ? Et oui elle est alors considérée comme impure.

À la nuit tombée, nous attaquons les choses sérieuses puisque nous partons à la recherche de caïmans, en pirogue. Ce fut clairement l’une de nos activités préférées. C’est tellement excitant de se retrouver dans l’obscurité totale sur les rives du Rio et de se dire qu’un caïman peut surgir à tout moment. On a eu la chance d’en voir trois ce soir là.

Le chauffeur connaît le rio comme sa poche si bien que nous rebroussons chemin à toute vitesse dans la nuit noire. La boule au ventre, Marc allume discretos sa lampe mais se fait vite rappeler à l’ordre par le chauffeur qui, lui, se repère apparemment à l’aide de sa vision ultra violet.

Dimanche 26 Mars / 3ème jour : bonne anniversaire à la maman de Marc 🙂

Réveil à 5h pour une sortie en pirogue aux aurores afin d’observer et d’écouter différentes espèces d’oiseaux. C’est le concerto des volatiles. Puis, nous enchaînons avec une randonnée de 4h dans la forêt primaire en compagnie d’un guide indigène qui nous parle notamment de l’utilité des plantes dans la médecine naturelle. Nous croisons une grenouille mortelle, pourtant toute petite et toute mignonne, des araignées en tout genre et des fourmis géantes utilisées pour faire des points de suture. Marc a tenté l’expérience pour vous (cf photo). On s’enfonce ensuite violemment dans la boue pour rejoindre la partie marécageuse de la forêt.

Vient enfin l’activité que Solène redoutait le plus ; celle de l’observation nocturne d’insectes. Il s’agit en gros de marcher dans la forêt amazonienne la nuit avec sa lampe frontale à la recherche, notamment, des plus « belles » araignées. Si on avait dit à Solène qu’elle allait faire ça un jour… Bref, nous croisons donc sans surprise des araignées toujours plus grosses et velues mais Solène semble assez sereine dans la mesure où celles-ci restent immobiles. Enfin ça c’était avant le drame…

Attention les âmes sensibles !!

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Flash Anecdote : Après une petite demie-heure de marche, nous tombons sur ça : une araignée scorpion. Le guide a la brillante idée de la prendre dans ses mains si bien que l’araignée se fait un malin plaisir à courir partout sur son corps. Inutile de vous dire qu’en pleine forêt et qui plus est, dans le noir, Solène n’allait pas s’amuser à s’éloigner. Donc elle a peur et commence à paniquer. Les esprits s’échauffent quand Marc a la deuxième brillante idée de vouloir la prendre dans ses mains. C’en est trop pour Solène qui utilisait Marc comme un bouclier jusqu’alors et qui ne voit plus d’échappatoire. Quand elle demande à Marc de ne pas le faire, le guide en rajoute une couche en faisant comprendre à Solène que si c’est une peur, le meilleur moyen de la vaincre est de prendre l’araignée dans ses mains. Ben oui, c’est bien connu de commencer avec une mygale dans ses mains quand on a une phobie… Donc évidemment celle-ci refuse, et passe un peu pour celle qui fait du cinéma auprès du guide. Ce qui la fait évidemment craquer. On aura donc le droit à quelques pleurs et des « Je veux rentrer », « je te déteste, pourquoi t’as voulu la prendre? »..

Lundi 27 Mars / 4ème et dernier jour : le retour à Quito

C’est l’heure du retour et surtout de réaliser tout ce qu’on a vécu. Solène a de quoi être fière d’elle, et sent malgré tout que cette excursion a fait un bien fou à sa peur phobique des araignées. Marc se remémore aussi, avec fierté, sa nage avec les caïmans. Ce genre d’expédition nous fait sentir vivant et donne du sens à notre voyage. On en ressort fiers et plus grands.

Aujourd’hui, on peut vous confirmer que cette expérience a eu un effet plus que bénéfique sur la phobie de Solène. Elle a moins peur, elle est plus zen à l’idée de croiser des araignées et même de dormir en leur présence.

Si vous en avez l’occasion, n’hésitez pas une seconde et partez à la découverte de l’Amazonie. C’est une expérience unique et mémorable. On vous recommande fortement de passer par l’agence Equateur Voyages Passion, très professionnelle, qui attache beaucoup d’importance à la satisfaction client.

Finalement, l’image que la plupart des gens se font (nous les premiers) de l’Amazonie est à relativiser. Quand on pense Amazonie, on pense tout de suite milieu hostile de par la faune et de par les indigènes mais aussi paludisme et autre maladie. Évidemment qu’il existe des communautés dangereuses ou des zones à risque mais comme partout, il s’agit d’être prudent et de ne pas s’y aventurer. Quant aux espèces animales dangereuses, comme tout animal sauvage, si elles ne se sentent pas menacées dans leur habitacle, il n’y a pas de raison qu’elles vous attaquent. De toute façon, à partir du moment où vous partez en excursion organisée, accompagnés d’un guide natif, il n’y a rien à craindre. Il prend toutes les précautions pour vous. L’Amazonie est tellement belle, tellement sauvage qu’il serait dommage de passer à côté.

L’Équateur, c’est déjà fini. Prochaine étape : Colombie, LA destination tendance de cette année et nous comprenons maintenant pourquoi.

À suivre,

So & Marc


7 réflexions sur “Tremblante AMAZONIE

  1. On se croirait à « rencontre en terre inconnue « , quelle expédition !!!
    Je suis fière de toi Solène car à ta place, j’aurais eu peur des serpents et des araignées.
    Reportage magnifique !!!
    Bisous d’une admiratrice.
    Maman

    Aimé par 1 personne

  2. 03.05.17.
    Hello les navigateurs en pirogue !!
    Appréhension est bien le mot. Entre chercheurs d’or pas nets, moustiques géants et astmosphère irrespirable, je dis ça, je dis rien, vu que je n’y étais pas, mais avec Brocéliande chez nous, on peut imaginer !!!
    Sur ces photos, vous avez l’air de plutôt apprécier. Vous avez même osé les baignades dans une eau inconnue.
    Une news m’a interpellée tout de même : c’est l’état de la chambre pour Marc. D’où te vient cette crainte ? Bizarre, Marc, toi qui as traversé pas mal de chambres pendant tes études, tu m’expliqueras à ton retour 😉
    J’ai particulièrement aimé votre rencontre avec le chaman. J’aurais eu des tas de questions à lui poser.
    Idem ces fourmis « point de suture ». Quelle découverte !
    Marc, que soufflais-tu dans cet énorme tuyau ? Musique ou flèche empoisonnée ?
    Que de richesses et variétés dans ce reportage où les ressentis se suivent en cascade : peur, curiosité, admiration….
    On en sait un peu plus sur ce monde, à la fois clos et mystérieux qui attire tant de touristes.
    Merci pour toute cette belle et étrange nature,
    Et à bientôt pour la Colombie, y viva E…..R 🙂
    Bisous,
    Yrmum89

    Aimé par 1 personne

  3. Salut les trotteurs!
    j’ai suivi avec intérêt vos pérégrinations dans la forêt amazonienne, au milieu de cette faune variée, colorée et parfois dangereuse…
    je me suis dit que vous alliez vivre un drôle de changement à votre retour.
    Et puis finalement pas tant que ça.
    La campagne que nous venons de vivre nous a permis de rencontrer des espèces aussi variées que dangereuses, avec leurs crocs acérés et leurs hurlements étranges…
    Et dans les bureaux que vous allez retrouver, ce ne sont pas les requins ambitieux, les serpents venimeux, et les araignées (scorpions?)tisseuses de toiles qui manquent.
    Donc, vous devriez être bien préparés!

    Allez, bonne route, les trotteurs!
    Bisous,
    papa.

    Aimé par 1 personne

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