Potosí, Sucre, La Paz : les villes boliviennes

Vendredi 10 février / Jour 123 : Uyuni > Potosí – 3h de bus.

À la suite de notre excursion dans le Sud Lipez et Salar d’Uyuni, nous partons pour Potosí, une des villes les plus hautes de la planète et célèbre pour ses mines d’argent encore exploitées aujourd’hui. Située à 4 200 mètres d’altitude, la ville de Potosí n’apaise en aucun cas notre mal de crâne. Cette cité andine, classée au patrimoine mondial de l’Unesco est pour beaucoup le symbole d’une Amérique du Sud dont les plus riches régions coloniales sont aujourd’hui devenues les plus pauvres. Depuis les quatre coins de la ville, on peut apercevoir le Cerro Rico (« montagne riche »), connue pour ses exploitations minières. On a appris que les espagnoles, qui exploitaient ces mines, utilisent encore aujourd’hui l’expression « aussi riche que Potosi » pour évoquer une grande fortune. Il est d’ailleurs possible de faire des visites guidées dans ces mines. On a longuement hésité à le faire, mais on déjà du mal à marcher sans être essoufflés, alors aller s’enfermer dans ces immensités souterraines nous a quelque peu effrayés. Et puis de toute façon, c’était le jour du carnaval des mineurs. Donc à défaut d’aller les voir travailler au charbon dans les mines, nous allons les voir danser, chanter et picoler. Malgré les regards de certains boliviens qui criaient « mais qu’est-ce que vous foutez là les gringos ? », nous sommes allés voir de très près ce carnaval haut en couleur. Des tenues traditionnelles aux instruments de toutes sortes jusqu’aux mineurs se saoulant à la bière de Potosí, la fête est lancée ! L’alcool, un vrai problème chez les mineurs, coule à flot pour leur faire oublier les terribles conditions dans lesquelles ils travaillent. Beaucoup meurent prématurément de silicose, en crachant du sang. C’est donc avec beaucoup de respect que nous les observons faire la fête jusqu’à la charmante place centrale du 10 novembre.

Samedi 11 février / Jour 124 : Potosí > Sucre – 3h de bus

Sucre, à prononcer « Sucrééé » svp, est la « ville blanche » de Bolivie. C’est une petite ville remplie de charme et de sucre. Si si, ce n’est pas une blague. On y trouve du bon chocolat et des gâteaux en vente tous les trois mètres. Alors, sucré, salé, que choisir ?

Même si un duel oppose Sucre à La Paz pour avoir le statut de capitale officielle, c’est Sucre qui l’emporte ! Enfin, elle est la capitale constitutionnelle du pays quand La Paz est l’administrative.

Une fois n’est pas coutume, nous tombons sur un couple de français, Marie et Thomas, que nous avions rencontrés pendant l’excursion du Salar. En discutant un peu, on se rend compte que l’on suit à peu de choses près le même itinéraire, alors pourquoi ne pas faire un bout de chemin ensemble ? Nous passons ainsi six jours à visiter Sucre, à jouer au Cambio (jeu de carte très addictif) et échanger sur nos voyages respectifs.

Ce que nous retenons de Sucre :

  • La charmante Plaza 25 de Mayo animée le soir
  • Les murs blancs et les ruelles étroites
  • Les nombreux édifices religieux
  • « El Condor » ou notre cantine végétarienne hebdomadaire
  • Le musée du textile et de l’art indigène

Les alentours :

Nous n’avons pas manqué le célèbre marché de Tarabuco, à 80 kilomètres de Sucre, connu pour la qualité de son artisanat. Si on a un conseil à vous donner, n’achetez pas vos pulls en alpaga à Sucre. Prenez un bus à 10 bolivianos jusqu’à Tarabuco, c’est moins cher, ou du moins la négociation est bien plus facile et il y a plus de choix. C’est en tout cas là-bas que nous avons fait le plein de cadeaux pour la famille 🙂

Vendredi 17 Février / Jour 130 : Sucre > La Paz – 12h de bus

Nous arrivons sur les coups de 7h du matin dans la capitale bolivienne, La Paz. C’est une vraie cuvette recouverte d’une multitude de petites maisons ocres, empilées les unes sur les autres jusqu’aux flans de montagnes. On s’empresse d’emprunter les téléphériques vertigineux de la ville pour jouir d’une vue 360° sur toute la ville. À noter que le teleferico Rojo bénéficie de la meilleure vue.

La ville se réveille. Et quand La Paz se réveille, c’est un vrai spectacle. On dit que c’est la ville aux Klaxons. On confirme. On irait même jusqu’à dire que c’est une vraie jungle ! Des marchés à tous les coins de rue et pas de simples marchés de fruits et légumes. Il y en a pour tout le monde : habits de carnaval, souvenirs pour gringos, et tissus de toutes les couleurs. Autrement dit, nous retrouvons tout ce qu’on a pu voir dans les autres villes mais en grandeur nature.

Tout sauf un type de marché atypique et bien propre à La Paz : le marché aux sorcières. Nous sommes tombés par hasard dessus en marchant jusqu’à notre auberge et on peut vous dire que ça surprend. On ne sait pas ce qui choque le plus : les cadavres de bébés lamas suspendus ou les potions dites « miracles ». À vous d’en juger.

En tout cas, cette ville ne laisse personne de marbre. Il y a des rues charmantes et on y mange très bien. Toutefois, selon nous, La Paz est à consommer avec modération. Trois jours nous auront suffit pour l’apprécier. Si nous étions restés un jour de plus, nous nous serions écœurés. Les odeurs, les carcasses de viande, l’insalubrité et surtout les klaxons ont de quoi rendre chèvre.

Après toutes ces villes, nous ressentons le besoin pressant de retrouver la nature, la beauté et le calme. Direction le Lac Titicaca !

On vous embrasse.

So & Marc


3 réflexions sur “Potosí, Sucre, La Paz : les villes boliviennes

  1. Je vois que tu as le pull bolivien!!!
    Retour à la civilisation…le bruit, l’abondance de produits devant les boutiques…
    Je préfère de loin les coins sauvages que vous avez traversés.
    Enfin vous avez pu vous reposer, vous alimenter…
    A bientôt
    Bisous
    Maman

    Aimé par 1 personne

  2. 6.03.17
    Hello !!!
    Ah enfin un défilé de mode de ces élégantes à la démarche fière et au regard complice, la touche glamour que j’attendais !
    J’ai bien aimé cette Bolivienne assise devant son métier à tisser ? Que tisse-t-on en Bolivie ?
    Des étoffes, des tapis, les deux ?
    Je remarque à quel point les colonnades blanches traversées de grilles en fer forgé ressemblent à s’y méprendre à celles que l’on peut trouver dans les petites villes du sud de l’Espagne.
    Les fœtus de lamas, en effet, une belle étrangeté. Je n’ai pas pu m’empêcher d’aller à la pêche à l’info. Ils servent simplement d’offrandes à la déesse Terre, offrandes faites pour des tas de raisons. Des croyances, une culture qui perdurent, je trouve ça pas mal. C’est ce qui nous manque dans notre modernité.
    Pour votre « mal au crâne », n’hésitez pas à acheter une de ces potions magiques car guérison assurée !
    Je ferais bien le voyage uniquement pour visiter ce marché aux sorcières et faire le plein aux miracles.
    Ce fut une belle étape, et je vous dis à la prochaine,
    Bisous,
    Yrmum89

    Aimé par 1 personne

  3. Hello !!
    bien vu votre dernière vidéo sur le Chili. J’ai été fascinée par ces glaciers qui crissaient sous vos pas et que l’on pouvait presque toucher du doigt, mais surtout impressionnée de vous voir vous déplacer avec une telle aisance. Là, je vous avoue qu’il m’a été difficile de me projeter 😉
    Comme je l’ai été tout autant par votre rubrique « On parle de nous » qui s’étoffe de plus en plus. Chouettes tous ces contacts !!!
    Bien pensé la chute dans la chute 😉
    Bisous,
    Yrmum89

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s