Le Trek du Torres del Pain(e) in the a**

C’est une première, nous publions la vidéo en même temps que l’article, youpiii. À vos écrans !

Lundi 2 Janvier / Jour 84: préparation physique et psychologique à Puerto Natales

Aie Aie Aie, on vous en aura longtemps parlé de ce trekking au Torres del Paine, sur les réseaux sociaux. Il faut dire qu’il nous a marqué les esprits et qu’on en a encore froid dans le dos rien que d’y repenser. Voici le récit de nos aventures au Torres del Paine. Accrochez vous, ça va secouer.

img_9092
Nous 4, la veille du trekking !

Après une longue journée de route entre Ushuaia et Puerto Natales, notre cœur commence à battre la chamade. Nous approchons enfin du but, celui de commencer le célèbre trekking du Parc National de Torres del Paine, celui dont tout le monde parle ici, et pas que.

Alors qu’est ce que le Torres del Paine ?

Le Torres del Paine est le nom du Parque Nacional du sud de la Patagonie, côté Chili, mondialement renommé pour ses trekkings. En plus d’être une star en Patagonie, ce parc est une star mondiale dans le monde du trekking. Il est situé entre la Cordillère des Andes et la steppe de Patagonie donc de quoi en mettre plein la vue. De nombreux touristes ou plutôt randonneurs du monde entier se battent chaque année pour réaliser l’un des trois trekkings possibles et voir les « Torres » (Tours) del Paine, à savoir ces trois formations granitiques emblématiques du massif del Paine que vous avez peut-être déjà vues dans des documentaires sur la Patagonie.

img_9663
Les Torres au lever du soleil

C’est pour elles que nous en avons bavé jours et nuits, au milieu des montagnes, lagunes et glaciers, le tout sous une météo plutôt capricieuse. De nature très sportifs, nos jambes s’en souviennent pourtant encore. C’est un challenge de taille que de s’y aventurer mais fort heureusement, le jeu en vaut la chandelle.

Il existe 3 itinéraires différents, allant de 75 à 140 km selon vos envies, votre mental et votre force physique ; les trois étant tout de même réputés pour leur challenge physique. Même pas peur !

– le « O », le plus grand des circuits. Il dessine une boucle et se fait entre 9 et 10 jours.  Il demande donc bien plus d’entraînements que les autres.

– le « Q », un prolongement du « O ».

– le « W » pour « Warrior »? ça aurait pu mais non! Le W dessine un parcours en forme de W. C’est le circuit le plus connu et donc le plus emprunté. Il peut se faire en 4 jours de manière très intense et c’est le défi que nous avons choisi de relever.

Au programme, une multitude de paysages spectaculaires comme les « Torres », le glacier « Grey » et le glacier de la « Valle Frances » ou encore le Lago « Amarga ».

Pour toutes celles et ceux qui souhaitent relever un tel défi, sachez qu’il est impératif de réserver chacune de vos nuits, en camping ou en refuge, et ce, bien trois mois à l’avance. Cela semble absurde et pourtant c’est une réalité. En haute saison, c’est-à-dire de Janvier à Février, la demande est bien plus forte que l’offre si bien que tout est vite complet. On en a vu des personnes désespérées qui attendaient ce jour avec impatience et qui n’ont pas pu y aller pour faute de places dans les refuges, ou pire encore des gens qui ont tenté leur chance sans réservation et qui se sont vus refuser l’entrée du camping une fois en haut alors qu’ils avaient marché 8h. Ces derniers ont finalement réussi à négocier une petite place pour leur tente en échange de quoi ils aideraient à porter les poubelles d’un refuge à un autre. Voici le prix à payer pour dormir dans une tente à l’improviste au Torres del Paine : quand on vous dit que ce parc est une star ! D’ailleurs le prix de la nuit dans un refuge peut aller jusqu’à 80€ la nuit, en haute saison. Vous imaginez un peu. En ce qui nous concerne nous avons eu la chance de dormir dans des campings pas chers voire gratuits grâce à nos amis Mélissa et Pierre qui avaient bien tout anticipé et que nous remercions beaucoup!

On se souvient encore de notre élan d’assurance quand nos amis, Mélissa et Pierre, qui se chargeaient de tout organiser, nous ont demandé, il y a trois mois de ça, si nous étions bien sûrs de vouloir faire ce trekking de 4 jours, avec 8h voire 10h de marche par jour :  » Ah mais bien sûr, on est trop chauds! On est des vrais sportifs ou on est pas des vrais sportifs! »

Bien … Inutile de vous dire que ce trekking nous servira de leçon pour la suite 😀

Retour en arrière sur 4 jours inoubliables :

Mardi 3 Janvier / Notre arrivée au refuge Paine Grande

S’il fallait mettre un titre cinématographique à cette première journée, ce serait : « Faites demi-tour tant qu’il est encore temps » 😀

Si vous faites le W dans le même sens que nous, c’est-à-dire en commençant par Paine Grande, alors il faut vous rendre jusqu’au point de départ du trekking en bateau et y passer la nuit pour commencer le trekking le lendemain. La plupart commence dans l’autre sens mais avec du recul, on se dit que c’est pas trop mal d’avoir fait l’inverse car on a évité l’effet queue leuleu.

Comme convenu, après quelques heures de bus entre Puerto Natales et le parc Torres del Paine, c’est un catamaran qui nous fait traverser un premier lac turquoise pour nous emmener au point de départ du W.

Jusque là tout va bien, il fait beau. Mais en sortant du bateau, c’est le coup de massue. Des trombes d’eau et des rafales de vent glacial de plus de 100 km/h (peut-être un peu moins d’accord) nous frappent de plein fouet ! Nous courrons jusqu’au refuge pour nous abriter et nous réchauffer. Ces trois petites minutes de course auront suffit pour nous tremper de la tête aux pieds. Vous nous direz quel est le problème étant donné que nous sommes bien équipés? Faux. Une seule chose nous a manqué et c’est LA chose qui peut faire une très grosse différence par temps de pluie : le rain pant ou pantalon imperméable. Surtout pensez-y si vous vous aventurez comme nous. Enfin ce conseil n’est valable que pour les amateurs de trekking comme nous. D’ailleurs peut-être sommes-nous les seuls dans ce cas-là tant le parc regorge de professionnels du trek, tous bien équipés, legging flashy, accessoires trendy etc. Fallait nous y voir, nous, avec notre pauvre pantalon premier prix décathlon.

Alala, quel départ ! C’est en voyant la tête de Marc que le titre de cette journée prend tout son sens. Il nous dit que s’il fait ce temps là pendant les 4 prochains jours, autant faire demi-tour tant qu’il est encore temps. En effet, comme n’importe quelle activité, la pluie peut tout gâcher. Ce qu’il lui faisait le plus peur, c’était notre tente. D’autant plus qu’encore une fois nous étions entourés de tentes haut standing à l’image de leurs propriétaires au legging flashy : vous voyez le genre ? Mais c’est un peu le prix à payer pour voir les merveilles de la Patagonie. De toute façon, comme nous a si bien répondu un garde forestier sur un ton moqueur « On ne peut jamais prédire la météo de la Patagonie. Elle fait ce qu’elle veut. » Fort heureusement il n’est pas question pour Mélissa et Pierre de plier bagage et pour Solène, pas question non plus d’avoir fait tout ce chemin pour rien. Marc n’a d’autre choix que de s’incliner devant l’union et change de visage quand le soleil pointe son nez quelques heures plus tard. Ouf ! Nous en profitons tous pour aller monter la tente et se glisser dans les duvets avant une vraie première journée de marche.

Mercredi 4 Janvier / Trekking Jour 1 : Refuge Paine Grande > Glacier Grey > Refuge Paine Grande- 27km, 7h de marche sous le soleil ☀️

Il a plu et soufflé toute la nuit mais contre toute attente, l’intérieur de la tente est intacte. Peut-être parce que pour la première fois nous avons utilisé les cordes pour tendre la tente dans tous les sens : merci Melissa ! En tout cas une belle journée ensoleillée nous attend au réveil. Chouette !

L’objectif du jour est d’aller jusqu’au glacier Grey qui se situe en haut de la première branche du W, à l’Ouest du Parc National de Torres del Paine. C’est après 3 heures et demie de marche que nous apercevons enfin cet énorme bout de glace de 6 kilomètres de large et 30 mètres de hauteur. C’est tellement magnifique que nous prenons le temps d’y pique-niquer même si le vent nous glace le bout des doigts.

Si l’aller se fait sans problème, le retour est bien plus endurant avec beaucoup de dénivelés. Résultat de la journée : 27km en 7h. Nous ne sommes pas peu fiers de cette belle performance et nous sommes bien contents d’arriver pour manger et dormir une deuxième nuit dans le même camping. Nous y sommes tout de même bien lotis car nous avons un grand espace cuisine clos et surtout des douches. Ce qui ne sera pas le cas des 2 prochaines nuits..

Jeudi 5 Janvier / Trekking Jour 2 : Refuge Paine Grande > Camp. Italiano > Valle Frances/Mirador Britannico > Camp. Italiano (gratuit) : 23,8km sous la flotte 🌧

Ah cette journée…on s’en souviendra ! La journée commençait pourtant sous le soleil mais quelques heures plus tard, à peine le temps d’installer la tente dans le nouveau camping, de se débarrasser des sacs à dos et de repartir pour faire la deuxième branche du W jusqu’au mirador Britannico que la tempête arrivait.

Qu’à cela ne tienne, on grimpe avec ferveur! On tente de trouver un abris pour le pique-nique histoire de prendre des forces et on repart de plus belle en longeant la spectaculaire « Valle Frances », qui même sous la pluie, a de quoi nous en mettre plein la vue et les oreilles. Oui car toutes les 30 min, le glacier gronde. Des blocs de glace s’effondrent dans le vide et font un brouhaha identique à celui de la foudre. Ambiance digne d’un bon film hollywoodien avec l’inéluctable scène de quelques minutes avant la fin où le groupe se scinde. Marc et Solène d’un côté, avec 3 mois de voyage et de trekking dans les pattes, usés, et Pierre et Meli de l’autre qui ne sont pas venus jusqu’ici pour ne pas voir le mirador. Des passants nous disent qu’il reste encore une trentaine de minutes dont 15 minutes de dénivelé intense. Bon, ce serait beaucoup trop dommage de se quitter si proche du but donc on continue. Et 30 minutes plus tard, c’est la délivrance avec cette vue 360° à couper le souffle.

Les photos ne reflètent pas tellement la réalité à cause de la pluie mais vous donnent une idée de la grandeur du paysage. Nous qui pensions avoir fait le plus dur… et non, il nous restait tout le retour en sens inverse à parcourir. 8h plus tard, nous voilà arrivés au camping. Surprise : pas de douches et un simple abris de 10m2 tellement cracra qu’il abrite aussi des champignons. Je vous raconte pas le moral. On rentre de 8h de trek, pas de douche, pas d’espace clos pour se réchauffer et en prime de la boue et des champignons le temps de nous restaurer. La situation est telle qu’il vaut mieux en rire qu’en pleurer. Et qu’est ce que nous avons ri de notre situation ce soir là et qu’est ce qu’on a rêvé d’être chez nous au chaud. Heureusement, demain est un autre jour …

Vendredi 6 Janvier / Trekking Jour 3 : Camp. Italiano > Camp. Torres > les « Torres » > Camp. Torres (gratuit) – 30km de marche sous le soleil ☀️ – presque 12h de marche !

Nous entamons la journée la plus longue : 10h de marche jusqu’au campement Torres en haut de la dernière branche du W. Le but étant de passer la nuit au campement Torres car il se situe qu’à 45 minutes des Torres, et la légende dit que le lever de soleil sur les tours est spectaculaire. Les huit premières heures de marche sont très agréables sans trop de dénivelé avec des paysages diversifiés : des lacs turquoises, des plaines et des vallées. On croise sur notre chemin un troupeau de mamans et bébés guanacos pour le plus grand plaisir de Solène qui a pu s’en approcher à 10m et qui classera donc ce moment en première position du trekking. Sans surprise, vous connaissez son amour pour les bêtes. Elle en a même oublié ceux qui nous ont doublés. Oui parce qu’autant vous dire que ça devait filer droit et pas question qu’on nous double pendant ce trek. Compétitivité quand tu nous tiens …

En revanche, les deux dernières heures pour atteindre le campement Torres sont dans le top des pires moments. On n’en voit pas la fin et nos jambes flanchent. L’arrivée au campement est une délivrance. Enfin oui et non, car nous voyons beaucoup de randonneurs revenir des Torres le sourire aux lèvres, et le soleil étant clairement de la partie, on se demande si ce n’est pas le moment d’y aller ? Peut-être que l’on n’aura pas autant de chance au lever du soleil ? Allez, c’est parti, on va voir les tours.

C’est la première fois que l’on met plus de temps que ce que disent les panneaux pour gravir un dénivelé. C’est vous montrer notre faiblesse physique ! On mettra presque 1h au lieu de 45min pour arriver jusqu’en haut, devant les Torres.

On oublie tout, c’est grandiose, c’est magique, c’est beau. On l’a fait !

img_9560
Les Torres

On peut rentrer au campement dormir l’esprit tranquille pour cette dernière nuit. Marc est ravi, nous ne sommes plus contraints de mettre le réveil à 4h du matin pour assister au lever du soleil. Enfin, ça c’est ce qu’il croyait …

Samedi 7 Janvier / Trekking Jour 4 : Camp. Torres > les « Torres » > demi-tour jusqu’à la sortie du parc – this is the END ☀️

3h30 du matin : Marc se lève pour aller aux toilettes.

3h35 : Solène ne peut pas s’empêcher de regarder à l’extérieur de la tente pour voir ce qu’il se trémousse. Tous les randonneurs se lèvent et s’en vont, lampe sur le front, voir le lever de soleil sur les tours ! Pierre est aussi debout et analyse la météo ; le ciel est dégagé et on est tous les trois réveillés. C’est un signe! C’est parti, on réveille Mélissa et on file.

L’expérience reste mémorable : faire partie de ces lignées de randonneurs à gravir la montagne dans la nuit avec leurs lampes frontales, ça n’arrive pas souvent. Quelle ne fut pas notre stupeur de voir que des gens ont passé la nuit ici emmitouflés dans leur duvet alors qu’il faisait surement -10 degrés à cette altitude. D’ailleurs, nous passons bien 1h à attendre dans le froid, que le soleil se lève sur les tous. Quand il daigne enfin se montrer, c’est la magie qui opère.

C’est avec des étoiles dans les yeux que nous repartons pour 7h de marche. C’est fini, on rentre !

Ce trekking nous aura une fois de plus sortis à quelques milliers de kilomètres de notre zone de confort. Pas de douche pendant plusieurs jours, des nuits humides sous la tente sans espace (forcés de dormir avec les sacs à dos à l’intérieur pour les protéger de la pluie) et pas d’électricité. Mais un décor à couper le souffle, et un sentiment d’avoir accompli quelque chose, tant sur le plan physique que moral. Nous rentrons à Puerto Natales fatigués mais heureux, heureux d’avoir fait LE trekking de la Patagonie.

Le programme de nos copains n’est pas terminé, il nous reste encore une partie du sud de la Patagonie à découvrir avec eux. La suite au prochain article 🙂

La bise,

So & Marc


4 réflexions sur “Le Trek du Torres del Pain(e) in the a**

  1. Solène et la bouffe même dans l’écriture : « …3 mois de voyage et de trekking dans les pâtes… »!!!!
    Qui c’est le YÉTI à côté de toi?
    Fière de vous deux, de vos exploits…vous mettrez vos vidéos dans vos c.v.
    Viviane préfère vous voir en vidéo plutôt que d’être avec vous !!!
    Bisous à vous deux et merci à vos copains pour l’organisation.

    Aimé par 1 personne

  2. Hello !!
    Je poste là, la vidéo « Torres del Paine » ne prévoit pas de laisser un commentaire, ou alors je n’ai pas trouvé. Ben si, je viens de trouver.
    Cette vidéo montre bien le côté vertigineux et physique de vos longues marches : les petites passerelles et sentiers étroits qui s’ouvrent sous vos pas, et vous n’avez pas le choix de les emprunter, sinon ça tombe à pic comme le suggèrent certaines de vos postures au bord des précipices.
    Vous avez bien exprimé aussi le caractère sauvage de cette nature où blocs de glace et de pierres se confondent (bien vu le retour de la pierre à son point d’origine ;-))
    Mais ce que je préfère par-dessus tout, ce sont les gros plans de vos visages rayonnants (les vicissitudes que vous avez rencontrées ne s‘y reflètent pas), et quelques uns de vos mots ou rires qui s’échappent du micro.
    Encore une beau voyage en compagnie de vos amis !!
    Ce commentaire, c’était avant de trouver où poster et de vous lire, mais ça, c’était avant.
    Vos commentaires hyper-détaillés montrent à quel point vous avez été touchés par cette expérience. J’en suis restée un peu muette et je vous avoue que je suis un peu secouée, mais c’est le but non de ces belles rêveries « par procuration ». Magnifique et grandiose.
    A propos de Décathlon, une petite remarque, avez-vous pensé à leur envoyer une vidéo sur laquelle on voit vos équipements, entre Ushuaïa et Quechua, il n’y a qu’un pas, non mais, business quand tu nous tiens là aussi ?
    De gros bisousssss
    Yrmum89

    Aimé par 1 personne

  3. Salut les trotteurs!
    Bon d’accord, c’est vrai, on en prend plein les yeux!
    on a de plus en plus affaire à des baroudeurs aguerris,
    à des cinéastes créatifs…
    étonnant mélange de paysages du bout du monde et de camping surpeuplé, traversé par quelques animaux sauvages.

    parfois je me dis que certains sont bien au chaud dans un bureau….
    et sont payés pour ça!
    que d’autres peinent sur des sentiers escarpés, dorment (ou presque) sous une pluie glaciale….
    et payent pour ça!
    C’est la vie!

    Comme le dit l’Ecclésiaste:  » il y a un temps pour tout, il y a un moment pour chaque chose sous le ciel… »

    Allez, les trotteurs, mes pensées vous accompagnent.
    Bisous,
    Papa

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s