Buenos Aires, un petit air de déjà vu ?

Jeudi 3 Novembre 2016 / jour 25 : Chutes d’Iguaçu > Buenos Aires – 20h de bus

Pour nous remettre des émotions du spectacle des chutes d’Iguaçu (ICI pour ceux qui n’ont pas eu l’occasion de lire l’article), rien de mieux que de s’asseoir aux premières loges d’un bus à deux étages pour les 20 prochaines heures. Pour traverser l’Argentine, ou plutôt l’Amérique du sud en général, il faut souvent prendre son mal en patience et accepter de faire de longues heures de bus. Enfin ça c’était avant de connaître l’auto-stop et le vrai mal en patience, mais chut .. on garde ça pour plus tard 🙂IMG_4266.jpg

Ce que nous pouvons dire maintenant avec du recul, c’est que le bus, c’est quand même bien. Tu traverses de magnifiques paysages tout en étant bien confortablement installé (et j’insiste sur le confortablement) dans ton gros fauteuil inclinable plus plus. Nous assistons, ce jour là, à un superbe coucher de soleil près de la frontière paraguayenne. C’est un vrai plaisir pour les yeux.

Un plaisir pour les yeux, oui, mais pas pour les oreilles. Entre les coups de frein brusques, les nids de poule très fréquents, Solène qui ronfle ou encore Marc qui sursaute à la suite d’un cauchemar de chute libre, la nuit est compliquée. Il était temps d’arriver à Buenos Aires. Pour les plus curieux, vous pouvez jeter un petit coup d’œil à notre itinéraire (ICI) pour vous faire une idée de là où nous sommes passés.

Pas de doute, nous sommes bel et bien dans la capitale : pollution, circulation dense, gratte-ciel, panneaux publicitaires, musées, commerces, bobos, hommes d’affaires, écoliers en uniforme, tous les ingrédients sont là. Grâce aux très bons conseils de notre copine Mathilde, qui a vécu plus de 6 mois à Buenos Aires, et un peu de négociation, nous trouvons un appartement airbnb très très bon marché dans l’un des quartiers les plus en vogue de Buenos Aires : Palermo Soho. Merci Mathou, on a adoré ! Comme son nom l’indique, c’est un peu la petite soeur du quartier New Yorkais de Soho ou, pour les parisiens, la petite fille issue d’un mariage entre le Marais et Saint-Germain des Près. À l’image de ces derniers, il y a une vraie vie de quartier et un esprit arty : cafés branchés tous les 10 mètres, places colorées, boutiques trendy, et surtout, terrasses de restaurants ou bars occupées d’assaut par les argentins après une bonne journée de travail.

L’ambiance est à la fois familiale et festive. Des mamans se baladent avec des poussettes la journée, et le soir il faut être une fourmis pour pouvoir se frayer un chemin et espérer avoir une table dans l’un des bars du quartier. Nous en faisons l’expérience un samedi soir en compagnie d’un couple argentin, Noël, une amie d’échange universitaire de Marc, et Carmello. Ils nous donnent rdv à 22h pour aller boire un verre. Si nous sommes bien familiarisés avec le quart d’heure marseillais, nous étions loin d’imaginer qu’il y avait une heure argentine. Vous l’aurez compris, nous sommes sortis à 23h et nous avons bu des verres jusqu’à 5h du matin en terrasse.

img_4467

Quand nous, jeunes français, commençons à sortir à 21h et aller en boîte de nuit vers minuit, les argentins, eux, commencent beaucoup plus tard et partent en boite seulement vers 4h du matin. De quoi nous mettre dans le bain. Finalement même dans la capitale, c’est un peu comme le sud de la France, les boutiques ferment entre midi et deux. Peut-être est-ce là la recette miracle pour avoir une population heureuse et fière de son pays? Faire la fête et moins travailler 😀

Blague à part, pour ce qui est du ressenti générale de la ville, nous trouvons que, malgré les côtés stressants propres à une capitale, les gens sont zen et chaleureux. Les chauffeurs de bus, par exemple, qui conduisent, d’ailleurs, comme des fous, se klaxonnent entre eux non pas pour s’insulter mais pour se remercier de laisser l’autre passer! Ils se font même des blagues au feu rouge. Les argentins sont très fiers de leur pays, et c’est peu de le dire. C’est peut-être ce qui les rend si aimables, souriants et festifs. En tout cas, il fait bon vivre dans cette capitale. On s’y verrait presque.

Mettez une grosse cuillère à soupe de Manhattan, une cuillère à café de Brooklyn, saupoudrez le tout de quelques quartiers de Paris, mélangez et vous aurez Buenos Aires. En effet, à l’image du pays, la ville de Buenos Aires surprend de par sa diversité. Chaque quartier a sa propre identité, sa propre architecture et sa propre atmosphère. Celui qui nous aura le plus marqué, c’est le quartier de la Boca : un quartier riche en histoire. Loin des gratte-ciel du centre, ou de l’ambiance bobo de Palermo, la Boca est un quartier pauvre où il ne fait pas bon s’aventurer à une heure tardive. Mais il n’en reste pas moins un passage obligé dans la capitale. Il suffit de déambuler dans la rue Caminito pour admirer les façades colorées des maisons et se laisser entrainer par le rythme de vie très animé du quartier où on y danse le fameux tango, danse traditionnelle du pays. Le nom de caminito provient, d’ailleurs, d’un tango «El Caminito» écrit par Juan de Dios Filiberto qui s’est inspiré de ce lieu.

La Boca est également mondialement connue pour son club de football, où a joué Diego Maradona, et son stade festif, la Bombonera. Vous avez dit festif ? si peu. À peine mis le pas dans le quartier, qu’on entendait déjà l’ambiance d’une foule en délire au loin. Il s’agissait, bel et bien, des supporters de la boca qui mettaient le feu au stade pour encourager leur équipe. Marc était dans tous ses états, il a fallu calmer ses ardeurs quand on a vu le prix du billet…

Flash anecdote : Pour lui remonter le moral, Solène lui coupe les cheveux avec sa mini paire de ciseaux pour ongles… oui on a enclenché le mode « avec les moyens du bord ».

En 8 jours, on pourra dire qu’on a presque tout vu! Voici des photos de nos balades le long des quais à Puerto Madero, des quartiers de Palermo, San Telmo, la Boca, Recoleta et son célèbre cimetière, de la casa rosada (ici le président ne vit pas dans la maison blanche mais dans la maison rose), d’un spectacle d’improvisation de percussions victime de son succès depuis des années ou encore des célèbres calebasses dans lesquelles tous les argentins, je dis bien tous, boivent le célèbre maté national.

Quant à la gastronomie, soyons honnête, nous n’avons pas gouté à tous les restaurants de la ville. En raison d’un budget limité, nous nous sommes contentés de cuisiner des pâtes dans notre airbnb. On s’est toutefois laissés tenter par une festival de viande dès notre deuxième jour dans la ville. Pour vous décrire ce festival, imaginez vous dans un hippodrome où les barbecues, la viande, les argentins, l’alcool et la musique se sont substitués aux chevaux.

Nous participons donc à notre premier asado argentin. L’asado (« barbecue » en français) est une coutume en argentine. L’asado est à l’Argentine ce que la raclette est à la France. Nous goutons à un célèbre choripan : sandwich avec de la viande. Excellent ! Voilà de quoi nous réveiller les papilles et nous donner envie de réitérer l’expérience plus tard, pour fêter notre dernière soirée, dans un restaurant très réputé de la capitale : Don Julio. Nous y allons de nouveau accompagnés de nos amis argentins. Nous avons signé une bouteille de vin pour marquer cette excellente soirée passée à leurs côtés. Noël et Carmello sont des anges, comme dirait Marc. Ils ont été plus que chaleureux et nous ont appris beaucoup de choses sur leur culture. Ils ont été d’excellents conseils pour notre séjour à Buenos Aires et surtout pour la suite de nos aventures. Carmello nous donne une carte détaillée de l’Argentine et Noël un marqueur pour notre future pancarte d’auto-stop. Auto-stop?? C’est le moment où nous imaginons les gros yeux de nos parents. Pas d’inquiétude papa et maman, l’Argentine et le Chili sont deux pays où il fait bon faire du stop. Beaucoup de voyageurs empruntent les routes de la Patagonie tous les jours, et ce depuis des années sans danger. Et puis avez-vous vu les bras de Marc? Qui oserait nous faire du mal franchement. Bon trêve de plaisanterie, nos prochains déplacements en Argentine du sud se feront, en effet, pour la majorité, en auto-stop. Est-ce la note du repas qui nous pousse à choisir cette option? Peut-être 🙂 C’est surtout que nous avons envie de faire de belles rencontres et de laisser le destin nous guider. Mais nous n’en dirons pas plus. Cela fera l’objet de notre prochain article.

En tout cas, la viande était encore une fois un régale. Regardez plutôt, la photo parle d’elle-même.

img_4898

Et pas de panique, nous marchons en moyenne plus de 10 kilomètres par jour soit de quoi éliminer ces plats de pâtes et de viandes 🙂 Mais bon, nous n’allons pas vous le cacher, la nourriture française nous manque beaucoup. Solène ressent une folle envie de détox à base de soupe de légumes. Il faudra être patient.

Ça y est, c’est déjà l’heure de repartir pour des contrées lointaines. Notre prochaine destination sera Puerto Piramides sur la Péninsule Valdès aux portes de la Patagonie : péninsule préservée et classée au patrimoine de l’Unesco sur laquelle cohabitent plusieurs espèces d’animaux terrestres et marins. À cette période de l’année nous avons, peut-être, la chance de voir la baleine franche australe dans son habitacle naturel. Nous sommes si excités à l’idée! Dans notre folie, nous décidons de faire de l’auto-stop jusqu’à destination. Pour se faire, nous devons nous éloigner à 200km de la capitale en prenant un bus à la première heure.

Flash anecdote : une fois n’est pas coutume, notre dernière soirée au restaurant se termine à 3h du matin. Sauf que cette fois-ci le réveil est à 4h45 pour pouvoir prendre notre bus jusqu’à Las Flores, point de départ de l’auto-stop. Nous arrivons, tant bien que mal à nous lever et nous préparer dans les temps. Comme convenu avec le propriétaire, nous laissons les clés à l’intérieur de l’appartement en claquant la porte derrière nous. On se regarde avant de claquer la porte : « on a tout, c’est bon? passeport, porte feuille, billets? ok en route vers la gare routière ! » « clac » (bruit de la porte qui se ferme). On descend les escaliers et on arrive devant la porte de l’immeuble. Porte qui est..fermée à clé. Et devinez quoi? La clé qui permet de l’ouvrir était sur notre trousseau laissé à l’intérieur de l’appartement. Han, goutte de sueur froide, coeur qui bat la chamade, panique générale! Il est 5h30 du matin, comment allons-nous faire? Ok premier réflexe, réveiller les voisins. Oui sauf que voilà, notre niveau d’espagnol est équivalent à celui d’un enfant de 3 ans et qu’avec des mots pareils, nous ne faisons qu’effrayer les voisins : « por favor, no podemos salir ! por favor la puerta ! » Marc frappe à toutes les portes mais sa voix d’ours ne les convainc pas à ouvrir. Bizarre… Solène semble tenir un poisson. Elle essaye de trouver les bons mots avec son dictionnaire de poche et entend des voix. Chouette, c’est qu’ils sont levés et qu’ils peuvent nous ouvrir, pense-t-elle. La voisine pose son oeil sur le judas de la porte. Dû à l’effet loupe, c’est comme si Solène parlait à un cyclope. On comprend un mot sur cinq de ce qu’elle nous dit, mais étant donné le ton agressif de sa voix on comprend qu’elle n’est, soit pas contente, soit triste de nous voir partir. Solène adopte la technique des pleurs pour montrer qu’il n’y a pas de danger. Et après quarante minutes de lourdes négociations, celle-ci nous ouvre enfin la porte mais en nous criant dessus. Et là, vous n’allez pas le croire, mais à ce moment même, nous tombons nez à nez avec deux jeunes de l’immeuble qui rentraient à peine de leur soirée… les boules!

Enfin, l’histoire se finit bien puisque nous arrivons finalement à temps pour prendre le bus. En espérant avoir plus de chances pour l’auto-stop et les baleines 😉

Ça, vous le saurez très vite dans notre prochain article,

Buenos Aires en vidéo, c’est par ici

On vous embrasse,

So & Marc


4 réflexions sur “Buenos Aires, un petit air de déjà vu ?

  1. L’épisode des clefs m’a bien fait rire….tu es une habituée!!!
    C’est très coloré, ça me plait bien. Ils sont gais ces argentins.
    A quelle heure travaillent-ils le matin?
    Vous avez dansé le tango?
    Passionnant votre voyage…bonne continuation!
    Bisous de ta maman.

    Aimé par 1 personne

  2. ahah oui c’est clair! Alors ça dépend des jobs mais les commerces ouvrent généralement vers 10h et ferment assez tard, c’est quand même la capitale. Et non on n’a pas osé danser le tango… trop timides. Puis ils sont tellement professionnels qu’on aurait fait tache 😀
    Gros bisous maman

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s